Lettre ouverte au collectif DLM (anti éolien offshore)

 

  L'article publié dans le N° 130 (Mars 2011) de la revue Pen Kiriak consacré à l'éolien offshore (cf. notre rubrique "dossiers/éolien offshore") a suscité de nombreuses réactions en particulier celles de responsables  d'associations de la Presqu'ile de Guérande qui se sont constituées sous forme de collectif de "Défense de la Mer" (DLM) dont l'un des objectifs principaux est de s'opposer au projet éolien annnoncé par le gouvernement sur le Banc de Guérande, au large de Saint Nazaire.

  Pen Kiriak ne partage pas l'analyse de ce collectif pour les raisons explicitées dans l'article précité mais est ouverte à tout dialogue construcif avec ces associations qui sont membres, comme elle, de la Fédération Presqu'ile Environnement. 

  Un tel dialogue , pour être utile, doit bannir toute langue de bois, du type de celle que l'on trouve dans des déclarations du collectif sur la "pensée unique" ou le ""lobby" de l'éolien. En matiére de pensée unique ou de lobby dans le secteur énergétique chacun sait que depuis 40 ans, il se situe ailleurs ...

  Economisons notre temps en convenant aussi que le débat sur le cout comparé des différentes sources d'énergie n'est pas le bon débat entre nous, associations de défense de l'environnement. Outre le fait que les données ne sont pas disponibles : quel est le cout réel du Kwh électrique en France quand on ne sait chiffrer ni le cout final du démantelement des réacteurs nucléaires ni celui du traitement définitif des matériaux et équipements irradiés ? Tout au plus peut-on dire que le cout du Kwh nucléaire aura tendance à augnementer sous la pression constante des exigences de sécurité et qu'inversement celui des énergies renouvelables diminuera ,en particulier pour le solaire, du fait des des innovations technologiques qui se dessinent. De toute façon, si ce débat qui conduit à définir le bon mix énergétiques est important, il n'est pas celui de nos associations, mais celui du débat politique auquel chacun d'entre nous, à titre personnel, participe avec son bulletin de vote.

En revanche d'autres débats nous concernent et c'est sur ces thémes que je vous propose de collaborer :

   -  comme le rappelle l'article de Pen Kiriak, le projet du Banc de Guérande se situe partiellement sur des zones Natura 2000. La Commission européenne, à l'origine de cette réglementation considére qu'il n'y a pas d'incompatibilité de principe entre parcs éoliens offshore et respect des Zones Natura 2000. Encore faut-il que les projets éoliens en tiennent compte avec des précautions particuliéres à prendre sur lesquelles la vigilance des associations de défense de l'environnement doit s'exercer.

   -  dans une note transmise l'an dernier par nos amis plongeurs de l'association ELV,  il est dit que fonds marins sur le Banc de Guérande sont méconnus ("On sait beaucoup plus de choses sur la lune") ce qui n'empêche pas la note d'affirmer que la zone du Banc de Guérande est la plus riche en termes de biodiversité de la cote atlantique. Interrogé par nos soins, IFREMER a confirmé que les données sur le biotope du Banc de Guérande étaient lacunaires, l'essentiel des études ayant jusque la porté sur la zone la plus proche de la cote.La conclusion que nous en tirons est qu'il est essentiel que les promoteurs qui seront sélectionnés par l'appel d'offres qui sera prochainement lancé réalisent des études d'impact approfondies qui n'existent pas actuellement. Nos associations devront se faire communiquer les termes de référence de ces études pour les compléter si nécessaire et devront disposer des résultats pour les soumettre à l'analyse. S'il apparait que tout ou partie de la zone retenue présente un biotope exceptionnel, alors nos associations devront en tirer les conséquences.

Le calendrier du gouvernement prévoit que la durée nécessaire pour les études préalables, la conception technique du programme et le montage financier d'une opération d'une telle envergure durera au moins 3 ans avant que le premier coup de pioche puisse être donné sur le "terrain".C'est au cours de cette période de 3 ans que la concertation avec les parties prenantes locales (Comités des pêches, associations locales,..) sera organisée par les Pouvoirs publics et les promoteurs.C'est au cours de cette période que nos associations doivent pouvoir échanger entre elles, concerter leurs positions et exercer leur vigilance pour faire pression pour que ce projet éolien du Banc de Guérande soit exemplaire du point de vue environnemental incluant bonnes pratiques, mesures d'atténuation et mesures de compensation. Nous invitons les associations ou personnes qui partagent cette analyse à se faire connaitre et à nous rejoindre parralélement à notre offre de dialogue constructif avec le collectif ELV dont l'analyse différe de la notre.

Jean-Pierre Barbier

eolien offshore Banc de Guérande